Bâchage /débâchage : vers une généralisation de la mécanisation ?

Les chantiers de bâchage des silos de betteraves ont débuté début novembre, dans la continuité des arrachages. Si certains planteurs préfèrent réaliser cette opération eux-mêmes, d’autres se tournent vers le service de mécanisation géré par la sucrerie. Rapidité, efficacité, tranquillité... Ceux qui ont fait ce choix ne le regrettent pas.

Thomas Bullot

« Je me souviens de l’époque où je pilotais moi-même les opérations de bâchage et de débâchage des silos, raconte Thomas Bullot, à la tête de 18 ha de betteraves à Marcelcave dans la Somme. Si les bâchages, avec des bâches bien propres et bien pliées, étaient au final, assez simples, je n’en dirais pas autant de l’étape de débâchage. Moi qui travaille seul sur mon exploitation, je devais mobiliser quatre ou cinq personnes : des voisins, des collègues, de la famille. Et si le chantier se déroulait sous le vent, la neige ou la pluie, cela pouvait vite devenir horrible ! Sans compter que si le planning prévoyait un débâchage un 24 décembre et bien... il fallait être prêt le 24 décembre ! Une contrainte parfois difficile à assumer. Autre avantage du bâchage mécanisé : il est préventif tandis qu’avant on se basait sur la météo pour déclencher le bâchage.» Depuis quatre campagnes, Thomas Bullot répond favorablement à l’offre proposée par la sucrerie de Roye : faire bâcher ses silos via une entreprise dédiée. Et il ne le regrette pas ! « Tout est plus simple car l’entreprise s’occupe de tout ! Même venir, en cas de coup de vent, rebâcher le tas si nécessaire. » Cela a bien sûr un coût, mais il est déduit du prix payé par Saint Louis Sucre. L’agriculteur n’avance donc pas d’argent pour cette prestation.

Renaud Fatras

Gain de temps, de tranquillité et baisse de tare terre

Même satisfaction pour Renaud Fatras, agriculteur à Ecouis dans l’Eure. « Pour les chantiers d’arrachage, j’ai, depuis trois ans, pris l’option avaleur, combinée à un bâchage mécanisé. Le planning des différentes interventions est piloté par Saint Louis Sucre. Généralement, le bâchage se fait dans la foulée de l’arrachage, avant même que les premiers avis de gel soient émis. L’entreprise mobilise quatre ou cinq personnes habituées à ce type de chantier. Le travail est rapide, efficace et parfaitement réalisé. Grâce au bâchage, les betteraves sont protégées du froid, mais aussi de l’humidité. Les racines sèchent rapidement et au moment de la reprise, la terre se décolle beaucoup plus facilement. » Sur les 17 hectares de betteraves qu’il cultive, la moitié est bâchée : celle dont les enlèvements sont plus tardifs. Il reconnaît qu’avec l’allongement des campagnes cette opération devient incontournable, pour les betteraves arrachées tardivement. 

Hervé de Boishebert

L’entrepreneur s’occupe de tout !

Hervé de Boishebert gère l’entreprise de travaux agricoles Ouelle Environnement.
Depuis 8 ans, il s’occupe de bâcher des silos de betteraves dans l’Eure et la Seine-Maritime, en partenariat avec la société Saint Louis Sucre. Cette technique est très répandue en Allemagne. « Nous nous occupons de l’intégralité du chantier à savoir : la pose, le bordage et le débâchage avant l’enlèvement des betteraves. Le planteur ne s’occupe de rien. Je me suis équipé de deux bâcheuses avec bordeuse associée et des containers de 20 pieds sur remorque pour le stockage des bâches. Les bâches sont enroulées sur des tubes qui permettront de les dérouler avec la grue. Avec mes deux machines, je peux ainsi répondre aux pointes de travaux et cela me donne une souplesse d’intervention et de réactivité. Le partenariat avec Saint Louis Sucre se passe très bien et permet ainsi de débâcher les silos juste avant l’enlèvement, sans avoir besoin des services de l’agriculteur. Je suis capable de bâcher 3 à 5000 tonnes jour en fonction des conditions climatiques et des distances entre les silos de betteraves. »