Campagnes longues : les semenciers s’adaptent

Conserver un feuillage sain plus longtemps et améliorer la conservation en silo, voici les principaux axes de développement de nouvelles variétés pour les années à venir

Six semenciers (1) étaient présents aux journées Mont Blanc de Rollot dans l’Oise le 15 mai 2018. Face aux allongements de campagne, tous mettent en avant leurs travaux de recherche pour proposer des variétés qui s’adaptent à ces nouvelles exigences. Certaines génétiques sont déjà inscrites. Plusieurs objectifs sont visés : 

Diminuer la sensibilité à la vernalisation.

Semer plus tôt est une solution pour avancer la date de récolte. Mais, le planteur s’expose au risque de montée à graines déclenchée par les températures fraiches du début de printemps. Toutes les variétés ne présentent pas le même niveau de sensibilité au risque de vernalisation. Les semenciers testent donc chaque année de nouvelles génétiques adaptées aux semis précoces.

Réduire la durée du cycle de développement.

C’est le second axe permettant de récolter plus tôt. Parmi les nouvelles variétés, certaines accumulent leur richesse en sucre en seulement 120 ou 130 jours contre 150 jours en moyenne pour la plupart de celles inscrites actuellement. Une durée moindre qui permet au planteur de gagner jusqu’à un mois sur le calendrier de récolte. 
 

Garder un feuillage sain plus longtemps.

Lors de campagnes longues, les arrachages peuvent être programmés mi-décembre, voire au-delà. Une opportunité pour augmenter le rendement final mais un risque de voir s’installer des maladies de fin de cycle, à un moment où la persistance d’action des fongicides appliqués plus tôt en saison est terminée. Les sélectionneurs cherchent donc à améliorer la résistance naturelle des nouvelles variétés aux maladies comme la cercosporiose ou l’oïdium.

Améliorer la conservation en silos.

L’allongement de la durée de campagne signifie également que les betteraves passent plus de temps en silos. L’objectif est donc de stocker des betteraves saines, sous peine de voir la qualité du tas se dégrader rapidement. Les semenciers travaillent des génétiques offrant un meilleur comportement à la conservation (résistance aux chocs, réduction des pertes en sucre, baisse de la dégradation de la matière et meilleure qualité technologique…).

 

  1. Betaseed, Deleplanque, Florimond Desprez, KWS, Maribo et SES Vanderhave