Chantier : des arracheuses bien réglées pour des betteraves de qualité

Cette année les arrachages débutent dans des conditions sèches. Trois entrepreneurs nous expliquent comment, dans un tel contexte, ils effeuillent, scalpent, arrachent et nettoient les betteraves pour sortir un produit de qualité.

Bertrand Sorel

ETA à Rouvrel (Somme)

Utilisateur de 3 arracheuses intégrales Ropa

(2 Tiger 6 et une Panther 2)

« Éviter tout jeu dans les éléments »

« La première opération du chantier est l’effeuillage. Le rotor doit broyer les feuilles sans toucher à la racine. Un réglage à deux ou trois centimètres au-dessus de la betterave est satisfaisant. En général, la plupart des chauffeurs maitrisent bien cette étape. Le scalpage est en revanche plus délicat. L’objectif est de laisser une racine chauve avec tout au plus deux ou trois pétioles encore en place, mais sans enlever trop de matière. L’idéal est d’avoir une coupe sur le dessus qui n’est pas plus grande qu’une pièce de deux euros. Pour cela, il faut des couteaux bien aiguisés et surtout pas de jeu dans les éléments qui supportent les lames. J’ai l’habitude de positionner les peignes palpeurs quasiment à la même hauteur que les couteaux pour qu’ils attaquent bien la racine. Attention aussi à régler tous les rangs de la même manière ». 

Luc Vanheule

ETA à Barquet (Eure)

Utilisateur de trois arracheuses Grimme Maxtron et de quatre Moreau Lectra​

« Bien accompagner la betterave pour l’extraire du sol »

« J’utilise une machine équipée de roues opel. En conditions sèches, l’important est de bien accompagner la betterave pour l’extraire du sol, sans la casser. C’est pourquoi, je travaille parfois jusqu’à 9 cm de profondeur. Les utilisateurs d’anciennes arracheuses à disques de type Moreau Lectra par exemple, ont tout intérêt à descendre à 13 cm s’ils souhaitent faire du bon travail. Basculer le bâti vers l’avant est intéressant pour que les roues ou les disques descendent suffisamment en profondeur sans que les turbines situées derrière ne ramassent trop de terre. Avec cet angle d’attaque, les éléments rentrent également plus facilement dans le sol sec. Autre conseil :  veiller à l’étanchéité du circuit de nettoyage pour ne pas perdre les betteraves de petits calibres. Je fais donc attention au bon alignement des queues de cochons sur les turbines pour ne pas laisser d’espaces trop importants entre elles. Dans un terrain humide ce sera l’inverse, puisqu’il n’est pas utile d’aller autant en profondeur. Dans ce cas, il conviendra en revanche d’insister sur le nettoyage des betteraves pour enlever la terre ».

Arnaud Caillouel

ETA à Illeville sur Montfort (Eure)

Utilisateur d’une arracheuse intégrale Ropa Tiger 6 : 

« S’adapter aux conditions... et aux variétés » 

« J’utilise une machine équipée de socs d’arrachage. En conditions sèches, le chauffeur ne doit pas hésiter à augmenter la pression de travail pour qu’ils rentrent bien dans le sol. La profondeur de travail et l’écartement doivent être adaptés à la variété de betterave selon sa hauteur d’émergence et son calibre. Il m’arrive parfois de changer les réglages dans une même parcelle contenant deux variétés différentes. Tant que le temps est sec, il est inutile de trop remuer les betteraves au niveau du nettoyage. Je fais tourner les turbines au ralenti, juste pour assurer le transport des racines sans les choquer. J’ai même remplacé les queues de cochon par des grilles pour limiter les chocs. Pour éviter de voir les betteraves noircir dans le tas, je recommande d’arracher au plus tôt quatre à cinq jours avant l’enlèvement du tas programmé par l’usine ».