Cultures intermédiaires. Comment bien mettre le couvert?

Bien connus pour leur fonction réglementaire et « piège à nitrates » les « Couverts Végétaux d’Interculture » (CVI) ont aussi un rôle très utile pour la vie et la structure du sol ainsi que la lutte contre les ravageurs, les maladies et les adventices. À condition que les mélanges soient judicieusement choisis, car toutes les espèces ne se comportent pas de la même façon.

1. Établir le mélange de base avec 4 légumineuses

La présence des légumineuses est fondamentale dans les CVI. Mais il ne faut pas se limiter à une seule espèce, ni même à 2 ou 3. L’idéal est d’en mélanger au minimum 4 pour profiter des avantages de chacune d’entre elles. Quant à la proportion des légumineuses dans le mélange global il est variable selon la date de semis : plus le couvert est semé tôt plus la proportion des légumineuses doit être élevée.

20 à 70% de légumineuses selon la date de semis.

2. Ajouter 2 ou 3 espèces complémentaires

Les plantes accompagnantes sont à considérer comme les « partenaires »  des légumineuses composant le mélange de base. Il faut donc les choisir en fonction du rôle qu’on veut leur faire jouer.  Chaque planteur doit raisonner en fonction de la problématique de sa parcelle. Exemples :
- Présence de nématodes ? Utiliser la moutarde blanche et le radis anti nématode pour piéger  les nématodes et réduire les populations.    
- Problème de rhizoctone ? Ajouter de la moutarde brune.
- Besoin d’augmenter la biomasse pour booster le taux de matière organique ? Choisir une espèce au développement rapide, telle qu’une crucifère,  phacélie ou nyger. Elles contribueront en plus à limiter l’érosion et le développement des adventices qu’elles concurrenceront sérieusement.
- Volonté d’améliorer la structure du sol ? Préférer une crucifère à couverture rapide et au développement racinaire profond ou utiliser une graminée permettant une restructuration superficielle.
- Nécessité de recycler les éléments minéraux ? Pour capter l’azote, privilégier les crucifères et phacélies et pour le phosphore et la potasse on peut utiliser le nyger, la phacélie ou le tournesol.

3. Equilibrer le mélange

Il faut adapter le dosage de chaque espèce pour un mélange considéré. Par exemple, dans le cas d’un mélange à 5 espèces, la dose de moutarde sera de 5kg divisée par 5, soit 1kg/ha. 


La méthode de calcul pour déterminer la dose d’une espèce dans un mélange.
=
La dose de l’espèce divisée par le nombre d’espèces dans le mélange.

  • Tournesol
    20-30kg/ha
  • Avoine Classique
    80kg/ha
  • Moutarde
    4-5kg/ha
  • Pois fourrager
    50-80kg/ha
  • Radis
    8-10 kg/ha
  • Vesce
    40 à 80 kg/ha
  • Phacélie
    6-10 kg/ha
  • Trèfle incarnat
    20 kg/ha
  • Avoine Diploïde
    40 kg/ha
  • Trèfle Alexandrie
    10 kg/ha
  • Nyger
    10 à 15 kg/ha
  • Lentille
    25 à 35 kg/ha