Désherbage des betteraves : le conseil s’appuie sur l’expertise collective

Cinq entreprises de protection des cultures ont participé à une journée de formation organisée fin mars par le service agronomique de Saint Louis Sucre sur le désherbage combinatoire. Objectif pour les inspecteurs de culture : accéder à un maximum d’informations pour affiner le conseil à la parcelle.

La construction d’un programme herbicide ne se réfléchit pas uniquement derrière l’ordinateur ! En arpentant les parcelles de betteraves dès les semis, les inspecteurs de culture de Saint Louis Sucre ajustent leur conseil en fonction des adventices qui émergent en début de cycle et du niveau de pression. En complément, ils doivent maitriser la réglementation, connaitre les produits, leurs modes d’actions et conditions d’application pour un désherbage efficace, durable, en lien avec les bonnes pratiques de traitement des cultures.

Accéder rapidement à une information technique

Ophélie Bolingue, responsable agronomique, se remémore une situation à laquelle elle a été confrontée fin avril : positionner ou pas un herbicide de contact sur une parcelle « propre », avec un doute sur l’efficacité d’un produit racinaire dans cette situation. Rien de plus fiable qu’une information prise à la source ! La réponse lui a été donnée immédiatement par l’expert référent du fabricant. « Cet exemple illustre le lien que nous devons maintenir avec les fournisseurs, car le conseil, c’est avant tout une expertise collective à ajuster à chaque situation, explique-t-elle. Qui mieux que le fabricant est à même de répondre sur des questions techniques pointues liées à son produit ? » Et pour conserver la pertinence d’une telle chaine de conseil, rencontrer les experts et les développeurs des fournisseurs de produits phytosanitaires a été le fil de la réunion qu’elle a organisé le 31 mars à Beauvais avec l’ensemble des inspecteurs de culture de Roye et d’Étrépagny. Se revoir entre professionnels de la betteraves après les confinements faisait sens et cela nous a tous motivé à vite retourner en plaine voir nos planteurs pour encore mieux les guider dans leurs choix de protection de culture !

Couvrir tous les enjeux du désherbage

Cinq responsables régionaux des sociétés de protection des cultures sont venus présenter leurs gammes, parler essais, notamment ceux mis en place dans le programme Mont Blanc. Ils ont aussi échangé sur les itinéraires agronomiques innovants des plateformes expérimentales auxquelles participe le service agronomique. Autres sujets partagés : les évolutions réglementaires, les fins d’homologations possibles de matières actives, et surtout les nouvelles solutions chimiques à venir pour continuer à maitriser demain le désherbage betteraves !

« Nous avions besoin de couvrir avec eux tous ces enjeux et obtenir une description précise des marques pour chaque formulation afin d’être précis dans nos recommandations » ajoute-t-elle. Lesquelles sont enregistrées sur le logiciel IsaPréco tout juste mis en place pour cette première campagne de conseil par les équipes de Saint Louis Sucre. Assurant la traçabilité des préconisations, il compile aussi les informations réglementaires et alerte lorsqu’une solution ou méthode alternative existe comme le binage. « Le binage progresse, 10 à 15 % de nos clients le pratiquent, ajoute-t-elle. Nous sommes à l’écoute des itinéraires avec des méthodes combinatoires, nous nous appuyons aussi sur nos essais agro. » Le binage peut être compliqué à mettre en œuvre, tout dépend de la possibilité d’intervenir dans les parcelles en fonction de la météo et du stade des betteraves pour ne pas les fragiliser.

En ce début mai, le T2 a été enclenché dans de nombreux secteurs en raison de la pression de crucifères et renouées liserons. La hausse des températures a aussi stimulé les levées de chénopodes.