Le robot FarmDroid désherbe le rang et l’inter-rang de façon simultanée

Après avoir réalisé avec succès les semis des betteraves de la parcelle d’essais du programme Mont Blanc, le robot FD20 est maintenant attendu pour ses capacités de désherbage.

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Dans l’idéal, une cadence hebdomadaire

Le 26 avril, les betteraves sont au stade cotylédons. Le robot effectue un premier binage en inter-rang. Les adventices sont peu présentes. « Pour préserver le peu d’humidité du sol, nous avons décidé de ne pas faire désherber le robot sur le rang », explique Baptiste Potier, apprenti chez Saint Louis Sucre. 

Le 3 mai, le FD20 passe une seconde fois, uniquement sur l’inter-rang de la parcelle d’essais.

Le 10 mai, premier désherbage complet avec le passage du robot en inter-rang et sur le rang. Les betteraves sont au stade 4 feuilles naissantes. La mise en place rapide de couteaux permet de nettoyer la ligne de semis. Grâce à la géolocalisation par GPS RTK, ceux-ci contournent chaque betterave. Il est prévu un passage de désherbage par semaine, que les adventices soient visibles ou non, et ce, jusqu’à ce qu’à la fermeture des rangs ou couverture intégrale. Dans les essais, les pertes attribuées au nettoyage du rang sont très faibles avec moins de 1 % de betteraves sectionnées ou abîmées.

Le 17 mai, la météo pluvieuse ne permet pas le passage du robot. Depuis une semaine, il est tombé près de 20 mm de précipitations. Les betteraves sont au stade 4 feuilles. A ce jour, la partie désherbée avec le robot et celle en 100 % chimie montrent de bons résultats avec peu d’adventices présentes. Par contre, en ce qui concerne la modalité où seul un seul passage chimique a été appliqué, les adventices, surtout les chénopodes, sont développées (stade entre 2 et 4 feuilles).

Le robot est capable de biner l’inter-rang et de nettoyer le rang grâce à des couteaux. Pour désherber, la vitesse d’avancement du robot est de 900 à 950 m/h, légèrement plus rapide qu’au moment du semis (750 m/h). © J.Guichon

Sur le terrain, les premières observations sont encourageantes

L’organisation du chantier de désherbage est délicate avec la météo pluvieuse de l’année. Pour préserver une bonne qualité de travail, 2 mm de pluies suffisent à arrêter le robot. Utilisé sur plusieurs cultures en simultané, le robot FarmDroïd n’a donc pas une minute à perdre ! 

À ce jour, les observations montrent très peu de différences entre les modalités de désherbage réalisées avec le robot (100 % mécanique) et celles désherbées chimiquement, en totalité. « Lors de son passage pour désherber, le FD20 remue légèrement la surface du sol. En cas de pluie, nous devrons observer la dynamique de relevée d’adventices dans les différentes situations », prévient Ughau Debreu, élève ingénieur en apprentissage chez Saint Louis Sucre.

Ces essais permettront de tirer des enseignements quant aux possibilités de trouver des alternatives au désherbage chimique et de réduire les IFT de la betterave. 

Ce robot impressionne par sa précision de travail. Sa technologie est surprenante. Ughau Debreu et Baptiste Potier
Dr Risser

Les enseignements des essais menés en Allemagne par Südzucker

En 2020, Peter Risser, responsable de la ferme expérimentale de Südzucker en Allemagne, a testé différentes technologies de robot. Il nous livre ses conclusions.

« Le FarmDroïd montre des résultats supérieurs. Grâce à ses couteaux, le désherbage mécanique a été efficace et c’est une bonne solution de rattrapage, même sur des adventices développées. Contrairement aux autres robots, le FD20 ne fonctionne pas par reconnaissance optique. C’est un avantage qui lui permet de pallier des levées échelonnées des betteraves, sans risquer de les confondre avec une adventice ce qui peut être le cas pour une caméra. »

Dans ses essais, Peter Risser a observé que les modalités d’essais réalisées uniquement avec des passages chimiques sont restées plus propres que celles désherbées par les robots dont l’utilisation est tributaire de la météo. Mais le FarmDroïd reste un bon complément à du désherbage chimique. En agriculture conventionnelle, avec un objectif de zéro phyto, le robot a toute sa place à condition d’accepter que la parcelle ne soit pas propre à 100 %.