Premier bilan PNRI 2022 : les expérimentations sur les solutions alternatives sont à poursuivre

De l’avis des participants à la journée PNRI organisée début septembre par l’ITB à Laon, l’expérimentation et la recherche doivent continuer pour consolider les résultats sur d’éventuelles solutions alternatives aux néonicotinoïdes.

Le 2 septembre se tenait la réunion de restitution de la deuxième campagne du PNRI. Organisée par l’ITB sur son site du Griffon à Laon, elle avait pour objectif de rassembler les observateurs.

Saint Louis Sucre est engagé dans ce programme d’expérimentation qui évalue l’efficacité des solutions alternatives aux traitements de semences avec les néonicotinoïdes. Le premier rendez-vous post campagne d’essais 2022 du PNRI n’avait pas pour vocation de présenter les résultats d’essais mais plutôt des tendances. Pour les chiffres, il faudra attendre les arrachages de novembre avant de finaliser le traitement des données provenant de plus de cent sites répartis sur les zones de production betteravières françaises. D’ici là, des visites d’exploitations et de plateformes participant au PNRI sont organisées par l’ITB pour toute la filière.

Ghislain Malatesta directeur du département expérimentation et expertises régionales de l’Institut Technique de la Betterave, au pôle PNRI du Griffon à Laon.

Renforcer l’évaluation du biocontrôle pour diminuer la pression des pucerons

Présent à cette journée d’information, Jean-Baptiste Leroy, inspecteur de culture Saint Louis Sucre sur la zone d’Étrépagny, note qu’il n’existe pas de solutions alternatives avérées à ce jour pour contrôler les pucerons au printemps. Néanmoins un gradient d’efficacité a été signalé entre les différentes modalités. Le biocontrôle fait partie des voies à approfondir notamment avec les applications d’huile de paraffine. En recouvrant le corps des pucerons, la solution agit par asphyxie. Autre alternative de biocontrôle explorée : le lâcher de chrysopes. Bien nommée « Lion des pucerons », la larve de cette mouche peut consommer jusqu'à 50 pucerons adultes par jour pendant deux semaines. Toutefois les lâchers restent compliqués à mettre en place en grandes parcelles. « La réponse se trouvera inévitablement dans une combinaison de solutions alternatives pour baisser la pression au champ en associant la génétique via des variétés plus tolérantes ou résistantes à la jaunisse, au biocontrôle et à d’autres pratiques agronomiques comme les bandes enherbées attractives », partage Ophélie Bolingue, responsable agronomique Saint Louis Sucre. La poursuite des expérimentations en 2023 est fondamentale : « Notre engagement est de sortir collectivement de cette impasse », complète-t-elle. La lutte insecticide en végétation devra néanmoins être maintenue en cas de fortes infestations. 

En 2023, Saint Louis Sucre poursuit ses protocoles avec des bandes fleuries et des plantes compagnes. Le groupe sucrier va intégrer une ferme pilote supplémentaire. Des essais sont aussi conduits en partenariat avec l’ITB pour évaluer le comportement des variétés face aux attaques de pucerons via des inoculations.