Plus de chaleur printanière avec le semis sous bâche

Dérouler une serre autodégradable au niveau du sol pour booster les betteraves au démarrage, voilà l’idée du matériel actuellement testé par le service agronomique. Un projet utile aussi pour allonger la durée des campagnes de récolte.

Vu pour la première fois à Rollot dans l’Oise le 15 mai dernier, le semis de betteraves sous film translucide pourrait devenir courant dans les années à venir. Dopées par la chaleur naturellement retenue au niveau du sol, les betteraves démarrent en effet plus rapidement au printemps. Elles conservent ensuite leur avance jusqu’à la récolte. C’est donc une des solutions sérieusement envisagées par le service agronomique de Saint Louis Sucre pour un début de récolte plus précoce.

La technique est développée avec le constructeur irlandais Samco.

Celui-ci commercialise déjà des semoirs principalement pour l’implantation du maïs, ainsi que pour du soja et du tournesol. L’appareil effectue trois opérations au cours du même passage : semis de la graine, désherbage de prélevée et couverture par le film qui est enterré sur les côtés. 

La bâche est perforée au niveau du rang pour laisser émerger les plantules.

Elle mesure 7 microns d’épaisseur (0.007 mm) et se compose de matériaux biodégradables qui se délitent sous l’effet de la lumière et de l’oxygène : plus de 80 à 90 % de la matière disparait au bout quelques semaines. L’agriculteur peut alors rentrer dans la parcelle pour effectuer les traitements nécessaires à la culture. 

La bâche translucide réchauffe le sol au moment du semis. Le film se dégrade ensuite sous l’effet de la lumière et de l’oxygène de l’air.

Semée sous bâche, la betterave de gauche a démarré sa croissance beaucoup plus rapidement que celle de droite qui n’était pas bâchée.

20 % de rendement supplémentaire

Lors des journées Mont Blanc, Saint Louis Sucre dévoilait le résultat d’un essai 2017 montrant que le rendement d’une parcelle semée sous bâche et récoltée au 29 septembre était supérieur de 16,3 t/ha par rapport à une parcelle non bâchée, soit un gain d’environ 20 %. « Le semis sous bâche offre plusieurs atouts, explique Pierre Guerreau, responsable agronomique. Les plantules sont protégées des gelées tardives et le système racinaire et foliaire croit plus rapidement avec l’augmentation de température du sol. Le film limite aussi l’évaporation naturelle d’eau et recycle ainsi l’équivalent de 25 à 30 mm de pluie ». 

En 2018, Saint Louis Sucre va mener de nouveaux essais sur trois sites différents.

L’objectif est de tester notamment diverses natures de film, dont un conçu à partir d’amidon de maïs. Le semoir prototype utilisé actuellement est un modèle à quatre rangs écartés de 50 cm. Le constructeur est prêt à développer d’autres outils selon les attentes des planteurs.