Usine de Roye - S’adapter au contexte de l’année

Une météo extrême, des sols desséchés et une jaunisse particulièrement virulente, plus la COVID 19… la campagne betteravière 2020 est particulièrement atypique. Commentaires de Josse Foucart, directeur du site. 

JOSSE FOUCART

Directeur de l’usine de Roye

« Le démarrage de l’usine s’est fait dans les temps impartis », se félicite Josse Foucart. Compte-tenu des aléas climatiques et de la jaunisse dans les parcelles, la campagne a démarré plus tard que les années précédentes, le 28 septembre, et six jours après la mise en route de la cristallisation en sirop. La durée prévisionnelle de la campagne est estimée entre 110 et 120 jours. « Nous prévoyons une campagne assez longue malgré une baisse de 15 à 20 % due aux rendements. La conjonction de la sécheresse et de la jaunisse impacte également la richesse. Elle est inférieure à 18 % et à nos prévisions initiales. De ce fait, nous optimisons l’extraction du sucre afin de minimiser les pertes. La quantité de sucre étant plus faible, nous stockerons moins de sirop cette année et la campagne sirop au printemps sera elle aussi plus courte. » Les betteraves sont saines et se travaillent sans difficulté particulière. « Les pulpes sont produites en quantité moindre mais elles sont de bonne qualité. »

Des équipes renforcées

En plus des 50 salariés temporaires, le site a accueilli de nouveaux salariés en provenance du site d’Eppeville. « L’intégration de cette nouvelle équipe est le gros challenge de la campagne, en plus du respect des gestes barrières liés à la Covid-19. Je félicite les équipes qui adoptent parfaitement les règles de sécurité et de prévention. Ces conditions sont nécessaires à la bonne réussite de la campagne afin de maintenir l’usine en fonctionnement en limitant l’absentéisme. »

Un contexte pédoclimatique particulier

Les pluies de début septembre ont permis de réaliser les tous premiers arrachages dans de bonnes conditions. Malheureusement, cette situation favorable n’a pas duré. Peu de temps après la mise en route de l’usine, les planteurs ont été confrontés à des difficultés, voire des impossibilités d’arrachage. Le sol, tellement desséché, n’était pas en capacité d'absorber l’eau de pluie. « Pendant une période de 10 jours, nous avons ralenti drastiquement la cadence de l’usine à son minimum technique pour ne pas la mettre en rupture, le stock en plaine étant insuffisant pour couvrir nos besoins journaliers. À ce jour, les arrachages ont repris. Nous disposons d’assez de betteraves pour reprendre notre rythme de croisière. » Le niveau de tare terre, qui s’est approché des 15 %, est très élevé pour un début de campagne, malgré le déterrage en plaine. 

Compte-tenu des disparités entre les secteurs d’approvisionnement, les inspecteurs de culture et les contrôleurs sillonnent la plaine pour cuber davantage les silos avant leur mise à disposition. Ils optimisent la logistique des enlèvements, de sorte que l’usine ne manque pas de betteraves. 

Suite à l’arrêt des néonicotinoïdes et à la forte pression pucerons, la jaunisse s’est installée de façon prononcée et hétérogène dans les parcelles, avec pour conséquence une photosynthèse limitée. « La courbe de croissance de la betterave n’est pas  comme d’habitude. En cette période de l’année, nous assistons à une évolution des rendements d’une semaine à l’autre  quasi nulle, ce que nous n’avons pas pu appréhender puisque jamais vu ! Avec des populations moins importantes et des betteraves de plus petite taille, la productivité est pénalisée»

La quantité de betteraves à travailler sera plus faible cette année mais les tonnages quotidiens restent au même niveau.

Des investissements pour toujours plus de performance

Pendant l’inter-campagne, la maintenance et l’entretien de l’usine ont permis de d’optimiser la gestion des cailloux lors des réceptions. « C’est une difficulté majeure lors du lavage des betteraves. C’est pourquoi les équipes ont travaillé sur notre capacité à déplacer les cailloux dans nos caniveaux hydrauliques sans les accumuler. C’est indispensable pour la bonne marche de l’usine. » Malgré le retard pris suite à la Covid-19, le nouvel atelier de filtration sera mis en service dès le mois de novembre. « Nous allons gagner en régularité tout au long de la campagne. »

Le nouveau système de récupération d’énergie, projet étalé sur deux ans, est en cours. Ces investissements visent à réduire encore la consommation d’énergie et l’impact environnemental de la sucrerie. La première phase, qui consiste à réchauffer les cossettes avant leur passage en diffusion, est opérationnelle. « C’est une grande réussite ! Nous pouvons nous en féliciter ! » La mise en place de la nouvelle évaporation va pouvoir démarrer dès cette fin d’année, et achèvera cette deuxième étape d'investissements.