Les cours du sucre

mis à jour le 04 juillet 2022

Les prix mondiaux et européens présentés dans les courbes ci-dessus, ne sont pas les prix de vente constatés au sein du groupe Südzucker pour la détermination du prix final des betteraves SZ4.

Daniel Calmejane

Directeur des Ventes Industrie et Export, Saint Louis Sucre

Évolution du marché mondial du sucre en juin

Au début du mois de juin, le sucre blanc n° 5 à Londres a atteint un niveau record de 594 $/t (06.06.22) et est tombé ensuite à 541 $/t (27.06.22) à la fin du mois de juin. Le sucre brut à New York a également chuté au cours du mois de juin, d’un peu plus haut à 19,56 ct/lb (431 $/t, le 06.06.22) à 18,3 ct/lb (403,4 $/t) le 27 Juin. La faiblesse relative du prix du sucre brut à New York s'explique notamment par la combinaison de la dépréciation de la monnaie brésilienne par rapport au Dollar américain et les préoccupations macroéconomiques qui ont pesé sur le marché. Le marché du sucre est influencé par une forte incertitude et les turbulences dues aux craintes de récession. En outre, le marché est préoccupé par la baisse de la demande, alimentée par une inflation galopante, qui pourrait également affecter le marché du sucre.

Le pétrole brut reste à des niveaux élevés, ce qui soutient les prix du sucre. L'inflation et la hausse des coûts de production de sucre (énergie, engrais, raffinage, coûts de transport, etc.) sont des facteurs haussiers pour le marché du sucre.

D'autres signaux haussiers proviennent de l'Inde. Alors que l'Inde a exporté de grandes quantités de sucre sur le marché mondial cette saison, le gouvernement indien a limité les exportations de sucre pour 2021/22 (octobre/septembre) à 10 millions de tonnes. L'objectif est d'assurer la disponibilité intérieure et de maintenir la stabilité des prix sur les marchés locaux. Pour la prochaine campagne 2022/23, un plafond d'exportation en Inde d'environ 7 mmt de sucre est en discussion.

Une grande incertitude en provenance du Brésil s'ajoute également à ce sentiment haussier. La teneur finale de la production de sucre brésilienne est moins claire que jamais et sera déterminante pour l'équilibre du sucre et les prix dans les prochains mois. Au Brésil, une réduction de la taxe sur l'essence a été approuvée par le Sénat. L'éthanol devient ainsi moins compétitif et exerce une pression sur les prix de l'éthanol à court terme. Cette situation incite le producteurs Brésiliens à favoriser la production de sucre au détriment de l'éthanol.

La semaine dernière, le real brésilien est tombé à son plus bas niveau depuis 4 mois et demi, à 5,2675 contre le dollar américain, ce qui augmente les recettes en monnaie locale des ventes de sucre à l’export et ajoute de la pression sur les  prix.

La combinaison de ces différents éléments baissiers a conduit les spéculateurs à réduire à nouveau leur position acheteur sur le sucre brut à 40 678 lots (Commitments of Traders Report 21.06.22). À titre de comparaison, la position nette longue des contrats à terme sur le sucre brut était de 127 091 contrats à la mi-avril). De nombreux gestionnaires de fonds ont pris des bénéfices en liquidant des positions avant la fin du mois de juin. À cet égard, il sera intéressant de voir si ces acteurs réinvestissent ou non dans les matières premières agricoles après la fin du mois de juin et dans quelles proportions. D’une manière générale, il est intéressant de souligner malgré tout ce que les positions acheteurs sur les contrats à terme sur le sucre brut et le sucre blanc montrent que les investissements dans les matières premières restent attrayants en raison des problèmes d'approvisionnement mondial et de l'inflation.

Le 29 juin, F.O. Licht a mis à jour son bilan du sucre pour 2021/22 et 2022/23. Selon les indications actuelles, la production mondiale de sucre en 2022/23 (octobre/septembre) pourrait augmenter de 5,0 mmt pour atteindre 189,1 mmt par rapport aux 184,2 mmt de cette saison (2021/22), tandis que la consommation apparente ne devrait augmenter que d'environ 2,6 mmt (1,4%) d'une année sur l'autre pour atteindre 186,8 mmt en raison d'un ralentissement attendu de la reprise économique mondiale. Si cette prévision se confirme, cela signifierait que le déficit de 1,9 mmt de cette saison serait suivi d'un léger excédent de 0,9 mmt en 2022/23.

En Europe, l’Observatoire des Prix de la Commission continue sa progression, à 446 €/t pour le mois d’Avril 2022, soit +6 €/t par rapport à Mars 2022, traduisant la faible disponibilité du sucre en Europe liée à des importations limitées et des stocks au plus. Pour 2022/23, nous nous attendons à ce que le marché du sucre de l'UE reste tendu principalement en raison de la réduction des surfaces d'environ -4%.