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Daniel Calmejane

Daniel Calmejane

Directeur des Ventes Industrie et Export, Saint Louis Sucre

Daniel Calmejane
Directeur des Ventes Industrie et Export, Saint Louis Sucre

Évolution des prix du sucre de mi-avril à mai 2026

Entre surplus et tensions géopolitiques, le sucre reste volatile. Un excédent est attendu à court terme mais les experts s’attendent à un déficit à l’horizon 2026/27.

Entre la mi-avril et la fin mai 2026, les contrats à terme mondiaux sur le sucre ont connu une évolution volatile, mais globalement toujours orientée à la baisse. Le sucre brut NY No. 11 s’est d’abord redressé après avoir atteint ses plus bas niveaux d’avril. Fin avril et début mai, il est revenu vers 15,0–15,5 cts/lb, soutenu par la hausse des prix du pétrole, les incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient, les achats des fonds et les préoccupations croissantes liées à El Niño et à la disponibilité des engrais. Toutefois, cette hausse n’a pas été durable. Fin mai, le sucre brut est de nouveau sous pression, revenant vers 14 cts/lb.

Marché mondial du sucre bien positionné
Les contrats à terme sur le sucre blanc ont été globalement plus résilients, progressant entre mi-avril (417 USD/t) et environ 440–445 USD/t dans la seconde moitié de mai. Les prix du sucre blanc sont davantage soutenus par les incertitudes géopolitiques, la hausse des coûts de transport et de raffinage, ainsi que par une offre physique plus tendue.
Du point de vue fondamental, le marché mondial du sucre demeure bien approvisionné à court terme. Un surplus mondial plus important est attendu pour la campagne 2025/26, principalement en raison de perspectives de récoltes accrues dans les principaux pays producteurs, tout particulièrement au Brésil, où le démarrage de la campagne de production dépasse les estimations précédentes, grâce à des conditions climatiques très favorables.

À court terme, récolte importante au Brésil et maintien de facteurs haussiers
À court terme, un excédent significatif des flux commerciaux de sucre brut est attendu pour les deuxième et troisième trimestres 2026. Il est porté par l’importante récolte dans la région Centre-Sud du Brésil et une bonne disponibilité à l’export en provenance du Brésil et de la Thaïlande, exerçant une pression sur les prix du sucre brut.
Dans le même temps, plusieurs facteurs haussiers subsistent. Le conflit au Moyen-Orient continue de générer de la volatilité sur les marchés de l’énergie, du fret et des engrais. El Niño reste un risque climatique majeur pour l’Inde et la Thaïlande, tandis qu’une meilleure rentabilité de l’éthanol au Brésil pourrait réduire la part de sucre si la parité de l’éthanol devient plus attractive. Les restrictions à l’exportation en Inde, annoncées mi-mai, limitent également la disponibilité supplémentaire de sucre blanc, même si l’impact sur le marché devrait rester limité, le Brésil et la Thaïlande pouvant couvrir la majeure partie de la demande à court terme.

À long terme, déficit de sucre
À plus long terme, les perspectives de marché deviennent plus constructives. La plupart des experts anticipent un déficit mondial de sucre en 2026/27. La composante éthanol reste centrale : une hausse des prix de l’énergie ou des mesures politiques au Brésil pourrait orienter davantage de canne à sucre vers la production d’éthanol plutôt que de sucre. Par ailleurs, la prime de risque climatique augmente, car El Niño pourrait peser négativement sur la production de sucre en Inde, en Thaïlande et dans certaines régions d’Asie en 2026/27.

 

Dernière mise à jour de la courbe : 15 juin 2026.
Dernière mise à jour de l’analyse : 03 juin 2026.