Journées agriculture régénératrice : les enseignements des essais couverts végétaux et bilan du programme
Nos équipes Le 23/07/2026Plus d’un planteur sur deux atteint désormais le niveau avancé ou expert du programme agriculture régénératrice. Retour sur deux journées d’échanges, rythmées par des conseils agronomiques, un tour de plaine et le bilan de trois ans d’engagement.
Les rendez-vous planteurs dédiés à l’agriculture régénératrice se sont tenus le 27 mai sur la ferme d’Étrépagny et le 1er juin chez Étienne Daudré, à Marché-Allouarde, près de Roye. Ces journées ont réuni les producteurs autour d’un double objectif : partager les enseignements agronomiques de la campagne et dresser le bilan du programme agriculture régénératrice.
Couverts végétaux : ce que montrent les essais de terrain
La matinée s’est ouverte sur une présentation consacrée aux couverts végétaux avec des conseils prodigués par Sébastien Lebel de Novalis Terra. Les échanges ont porté sur le choix des espèces, les modalités d’implantation et les résultats d’essais menés par Novalis Terra sur plus de trente mélanges semés à différentes dates. Un constat ressort : la composition du couvert influence fortement ses performances.
« Nous recommandons d’avoir un couvert multi-espèces performant, comprenant au moins trois espèces et idéalement cinq à six en fonction des objectifs visés », souligne Ughau Debreu, responsable de la durabilité agricole chez Saint Louis Sucre.
Les essais rappellent aussi l'importance de la date de semis. « Plus on sème tôt, plus un couvert à une capacité de production de biomasse importante mais aussi un risque de floraison accru dû à l’atteinte des degrés jours, indique-t-il. Une moutarde classique ne convient souvent pas aux implantations précoces, contrairement à une moutarde tardive type simplex/signature (900 DJ*) ou une moutarde d'Abyssinie (1200 DJ). Les radis demandent également de la vigilance, certaines variétés montant rapidement à fleurs lorsqu'elles sont semées tôt. Privilégiez alors des variétés plus tardives comme Doublet et Dracula. »
L’implantation du couvert végétal se raisonne également en fonction des priorités agronomiques. Dans certaines situations, la correction d’un problème de structure grâce à un travail du sol profond (fissuration/décompaction) ou une problématique de gestion des adventices peut primer sur la recherche de productivité du couvert.
La moitié des planteurs sont de niveau « avancé ou expert »
Les participants ont ensuite découvert le bilan du programme agriculture régénératrice. Chaque planteur a reçu une évaluation individuelle qui s’appuie sur les pratiques déclarées lors de la campagne précédente. Le référentiel distingue quatre niveaux : engagé, en transition, avancé et expert. Cette année, 51 % des participants atteignent les niveaux « avancé ou expert ». « Pour les planteurs atteignant les niveaux avancés et experts du référentiel, nous défendons une valorisation supplémentaire auprès de nos clients », indique Ughau Debreu.
La journée a aussi été l’occasion de présenter le programme d’implantation de haies mené avec Pur Project. Dans ce cadre, Saint Louis Sucre accompagne les agriculteurs et finance l’accompagnement, les plants ainsi que les fournitures nécessaires à leur installation. L’entreprise s’est engagée à développer 100 km de haies d’ici à 2030 chez ses planteurs partenaires.
*DJ : degrés jours
