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Quels sont les enseignements clés de la campagne 2023-2024 d’arrachage des betteraves ? Tout d’abord, le bâchage des silos, démarré dès la mi-novembre, révèle encore plus cette année son intérêt. Ainsi, la couverture systématique des betteraves enlevées à partir du 10 décembre assure une protection efficace contre le gel et réduit significativement la tare terre.

« En effet, fin novembre et début décembre, nous avons eu un coup de gel, partage Pierre-Henry Buleux, inspecteur de culture Saint Louis Sucre pour la zone Picardie. Heureusement, la quasi totalité des silos des planteurs Saint Louis Sucre était déjà protégée. La pose mécanique s’effectue majoritairement dans la foulée de l’arrachage. Bien protégées, les betteraves conservent leur qualité. »

La betterave reste fragile quelques jours après son arrachage. À l’air libre, sa peau se durcit progressivement. Si les températures chutent, la perte de racines peut être importante. Faute de couverture rapide, les betteraves en superficie du silo gèlent. Conséquence, au moment de l’enlèvement, la grue doit l'écrémer.

Bâcher tôt pour bien sécher le silo

Edwige Delcour, inspecteur de culture pour la région Normandie a été la première à disposer d’un avaleur sur la zone de collecte de l’usine d’Étrépagny. L’intervention de la machine est systématiquement associée à un bâchage mécanique. Avec le recul de 8 années de pratique, elle estime que la protection hivernale participe à la qualité des betteraves et pas uniquement contre le gel.

Ainsi, le silo sèche bien mieux. « Même le fond du silo ressort sec alors que souvent, les racines s’enfoncent dans la terre qui reste humide », précise-t-elle.

Le séchage progressif conduit surtout à la réduction de la tare terre. «Arrachées dans des conditions très difficiles cette année, les betteraves étaient bien recouvertes de terre, témoigne Pierre-Henry Buleux. Le bâchage des silos a fait diminuer de plus de 40 % la part de terre au niveau de l’usine.»
Cette année, la tare terre ressort à 12 % en moyenne pour les deux usines.

La tare terre des betteraves est réduite de 40 % grâce au bâchage.

Grâce à la couverture du silo, la terre qui enveloppe la betterave « mature » et sèche pour s’effriter lors de l’opération de déterrage. La terre reste alors au champ au lieu d’être transportée à l’usine. Les résidus de racines et de feuilles de betteraves contenus dans le cordon de terre après l’opération de chargement devront se décomposer pour être inertes. Ce cordon de terre sera ensuite épandu l’été suivant, après le blé, soit dans le même champ, soit dans une parcelle avec des besoins en matière organique. Pour la filière, ce sont des économies importantes : c’est autant de terre non transportée à la sucrerie, du carburant non consommé et du carbone non émis au bout du compte ! Enfin, à l’usine, les opérations de nettoyage des betteraves avant le découpage en cossettes sont facilitées et préservent les outils de production.

Avantage économique et logistique du bâchage anticipé !

Edwige Delcour estime que les planteurs mesurent le double avantage économique et technique du bâchage mécanique. « Ce dernier point ressort comme important pour les planteurs, surtout comme cette année en décembre lorsque le vent souffle fort ou en janvier, lorsque les silos se recouvrent de neige. L’opération se révèle impossible à réaliser manuellement. » De plus, pour conserver l’effet bénéfique du bâchage sur la tare terre, le débâchage doit intervenir au plus près de l’enlèvement.

Son conseil pour la prochaine campagne : « Ayez le réflexe de nous appeler dès que les betteraves sont arrachées ! Aussitôt bâchées, vos betteraves seront d’autant mieux conservées ».

Pour Pierre-Henry Buleux, à chacune des étapes, arrachage, bâchage, enlèvement et débâchage, la coordination entre les agriculteurs et l’usine reste importante. « Ainsi, nous programmons au bon moment les chantiers et les plannings d’intervention sont fluides », indique-t-il.

Bâchage mécanique des silos : l’assurance de livrer des betteraves de qualité

L’automne dernier, les arrachages ont été tardifs, mais réalisés juste avant le gel. Les milliers de tonnes de betteraves stockées en bord de champ ont été bâchées et protégées à temps.
L’automne dernier, les arrachages ont été tardifs, mais réalisés juste avant le gel. Les milliers de tonnes de betteraves stockées en bord de champ ont été bâchées et protégées à temps.