Conduire la betterave dans une campagne sucrière raccourcie
Nos équipes Le 09/03/2026Quels sont les critères techniques à respecter pour assurer le rendement et la richesse en sucre en prévision d'une campagne plus courte ? Choix variétal, date et densité de semis mais aussi protection et fertilisation azotée : le point avec Pierre-Henry Buleux, inspecteur de culture.
Avec la réduction de la surface betteravière actée en 2026, la prochaine campagne sucrière sera plus courte. Elle se déroulera de fin septembre à fin décembre, donc probablement sans arrachages précoces ou tardifs.
Par conséquent, pour Pierre-Henry Buleux, inspecteur de culture chez Saint Louis Sucre, « les repères techniques de la conduite de la betterave évoluent et chaque décision pèse davantage sur le rendement ».
Les variétés riches en sucre sont à privilégier pour un arrachage en début de campagne sucrière. Pour les derniers arrachages estimés fin décembre, les variétés tolérantes aux maladies foliaires (cercosporiose…) garantissent un bon état sanitaire. En effet, même si le temps de conservation sous les bâches sera moindre, des betteraves contaminées peuvent affecter la qualité du silo.
En complément, face au risque de cercosporiose, Pierre-Henry Buleux rappelle qu’une protection fongicide pendant l’été est indispensable.
La date de semis influence fortement la trajectoire de la culture. « Un semis précoce favorise un enracinement en profondeur et permet à la betterave de mieux passer les conditions estivales », rappelle l’inspecteur de culture. Ainsi, Pierre-Henry Buleux recommande un semis à partir du 10 mars, dès que les conditions météorologiques sont réunies. « Chaque jour gagné au printemps se retrouve sur le rendement final », souligne-t-il. Les semis de février restent déconseillés en raison des risques de vernalisation et de montaison à graines.
Pierre-Henry Buleux préconise une densité de semis entre 1,2 et 1,3 dose/ha pour compenser les attaques de bioagresseur au printemps.
La fertilisation azotée reste un point de vigilance. « Respecter les reliquats azotés est indispensable pour travailler la richesse », rappelle Pierre-Henry Buleux. Des apports excessifs favorisent la croissance végétative au détriment de la concentration en sucre. L’inspecteur de culture alerte en particulier sur le risque de minéralisation tardive : « Fin août ou début septembre, une reprise de végétation liée à l’azote fait chuter le taux de sucre ». Cet effet intervient en plus au moment clé à l’approche des premiers arrachages.
Tout au long du cycle, la gestion sanitaire reste déterminante pour le rendement et la richesse en sucre, notamment en cas de jaunisse virale. « En cas de forte pression des pucerons au printemps, on ne l’évitera pas totalement, prévient-il. L’objectif est de la contenir ou de retarder la contamination du champ. » Ainsi, la surveillance des pucerons et le positionnement précis des traitements aphicides conditionnent la bonne tenue du feuillage et la croissance de la racine pendant l’été.
