Biostimulants en betterave : les résultats économiques départagent les produits
Le programme Mont Blanc Le 05/06/2026Depuis plus de dix ans, les biostimulants font partie des produits testés dans le cadre des essais Mont Blanc.
L’enjeu : identifier les spécialités qui génèrent un réel gain économique, pendant au moins trois campagnes.
Pour y voir un peu plus clair dans l’offre pléthorique de biostimulants, Saint Louis Sucre a souhaité, dès 2015, mener ses propres essais, en conditions réelles, dans des parcelles d'agriculteurs.
« Chaque essai est implanté dans des grandes bandes de 4 ha : 2 ha pour le témoin et 2 autres pour l’itinéraire incluant l’apport d’un biostimulant », explique Thomas Grisel, ingénieur apprenti chez Saint Louis Sucre. Sur le papier, les actions de ces biostimulants sont nombreuses : stimulation de la croissance racinaire, meilleure vigueur au départ, résistance aux stress abiotiques, absorption accrue des nutriments, impact sur l’activité du microbiote du sol... Mais sur le terrain, ces effets restent souvent difficiles à observer et à quantifier d’autant qu’ils dépendent fortement des conditions pédoclimatiques et du stade d’application. »
Face à cet enjeu, Saint Louis Sucre a choisi, dans le cadre des essais Mont Blanc, de se concentrer sur trois critères principaux : le rendement, la teneur en sucre et le gain économique. « Pour qu’un biostimulant retienne notre attention, il doit afficher un réel plus économique et ce, pendant au moins trois ans, afin de le valider dans différents contextes pédoclimatiques », précise l’ingénieur.
Plusieurs produits se démarquent
En dix ans, une vingtaine de produits a ainsi été testée. Certains ont d’ores et déjà été écartés par manque d’efficacité ou de régularité tandis que d’autres affichent de bons résultats. « C’est le cas par exemple de ValéaMax, du groupe UPL, qui, après trois ans de test montre de sérieux atouts », poursuit Thomas Grisel. Formulé à partir de filtrat d’algues et enrichi en oligo-éléments (bore et molybdène), il a, dans 10 essais menés sur 3 ans dans différents sites, généré un résultat économique supérieur au témoin de 2 à 28 % (1). « Appliqué au stade « 80% de couverture » à la dose de 3-4 l/ha, en même temps que les apports de bore, il permettrait une meilleure absorption des minéraux, ajoute Thomas Grisel. Il accélère également l’implantation du système racinaire et de la croissance foliaire. »
Résultats essais Mont Blanc biostimulant ValéaMax
Autre spécialité qui s’est faite remarquer de façon positive : le BioStim-PK de la société BioBoon. Essentiellement formulé à partir d’extraits végétaux et de sous-produits animaux, BioStim-PK est un biostimulant riche en phosphore et potassium organiques, complété par des enzymes, micro-organismes, acides aminés, acide humique et éliciteurs, pour soutenir la fertilisation de fond et accompagner la nutrition de la culture tout au long de son cycle. « Sur 3 essais conduits en 2024 et 2025, son application à 3 x 1,5 l/ha lors de chaque passage de fongicides, permet un gain économique allant de 2,42 à 4,64 % », détaille-t-il.
Résultats essais Mont Blanc biostimulant Biostim PK
Valider les résultats sur plusieurs années
Veraleaf de Veragrow, a été testé quatre années de suite, de 2022 à 2025, dans plusieurs départements : la Somme, l’Oise et l’Eure. Issu du lombricompost, c’est un biostimulant contenant des acides humiques et fulviques, des phytohormones et des composés phénoliques. Il vise à améliorer l’assimilation des nutriments, stimuler la croissance aérienne et racinaire, et renforcer la tolérance des cultures aux stress abiotiques. « En l’appliquant en deux passages, à 3 l/ha, à 8 feuilles et à couverture du rang, il génère des résultats économiques souvent en hausse : de 1 à 13,34 %, excepté en 2022 et dans l’une des répétitions de 2024, où il marque le pas par rapport au témoin », résume Thomas Grisel.
Résultats essais Mont Blanc biostimulant Veraleaf
Quant à SuperFifty, de FMC, il a été testé en 2025, à la dose de 2 l/ha au stade « couverture du rang ». Le bilan économique est assez hétérogène avec des résultats allant de -9,76 % à + 5,12 %. « D’où l’importance de mener l’expérimentation sur plusieurs années pour soumettre le biostimulant à différents contextes péclimatiques », rappelle Thomas Grisel. Composé de 500 g/l d’extrait d’Ascophyllum nodosum et de potassium, ce biostimulant favoriserait l’installation du système racinaire et le rendement, tout en renforçant les parois cellulaires et la tolérance des cultures aux stress oxydatifs liés aux aléas climatiques, notamment le stress hydrique et l’excès d’eau.
« Il est important, selon nous, que l’utilisation d’un biostimulant ne génère pas de passage supplémentaire dans la parcelle, pour augmenter ni le poste des intrants, ni la charge de travail, insiste-t-il. Il doit pouvoir être associé à un autre produit tel qu’un herbicide, un insecticide ou un fongicide ou un fertilisant. »
Résultats essais Mont Blanc biostimulant SuperFifty
7 biostimulants testés en 2026
En 2026, 26 essais ont été implantés dans les parcelles de planteurs d’Etrépagny et de Roye pour au total, tester 7 biostimulants dont deux nouveautés. Chaque spécialité est testée dans trois sites pour limiter l’impact de l’« effet parcelle » et multiplier les contraintes de production liées au contexte de l’année. L’analyse économique, réalisée en fin de campagne, s’affiche comme l’unique règle de décision pour valider, ou non, l’intérêt du produit testé.
« Notre mission est de conseiller les agriculteurs dans leurs itinéraires techniques et en dehors de toute promotion commerciale, insiste Ophélie Bolingue, responsable agronomique. Si un agriculteur nous demande des conseils alors nous pourrons lui présenter des résultats concrets issus du programme Mont Blanc en fonction de ses objectifs et de sa zone de production. »
(1) Ce calcul résulte du gain généré par le rendement multiplié par le prix de chaque année de la tonne de betterave duquel est déduit le coût du biostimulant.
