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« Face à la réduction du nombre d’herbicides sur le marché et dans un contexte de baisse d’utilisation des intrants, le désherbage mécanique, et notamment le binage, suscite un intérêt croissant en culture de betteraves sucrières, commente Ughau Debreu, responsable de la durabilité agricole chez Saint Louis Sucre. Testée dans le cadre du programme Mont Blanc, cette pratique apparaît comme une solution techniquement pertinente. » 

En effet, les essais menés en conditions réelles montrent qu’un binage peut atteindre une efficacité comparable à celle d’un traitement chimique sur l’inter-rang, sans pénaliser le rendement.

Atout agronomique

« Biner est particulièrement intéressant pour améliorer le rendement betteravier, ajoute Thomas Grisel, apprenti ingénieur au service betteravier de Saint Louis Sucre. Le travail des lames dans l’inter-rang, combiné à des moulinets, ou roues Kress, sur le rang donne de bons résultats. Cette option via une ETA équivaut à un passage chimique de 40 à 50 €/ha, sauf si le planteur dispose de son matériel. »

En revanche, en optant pour une alternative au traitement chimique, le planteur réduit aussi l’IFT (Indice de fréquence de traitement) de sa culture et l’usage global de phytosanitaires sur son exploitation : un levier de plus dans une logique agroécologique. Le tout, en limitant le salissement des parcelles. Biner étant aussi une alternative efficace pour éliminer, en rattrapage, des adventices devenues résistantes aux herbicides, comme le ray-grass par exemple.

Effet positif sur la culture

Les essais du programme Mont Blanc montrent aussi que le binage peut avoir un effet positif sur la culture, avec des gains moyens de productivité atteignant jusqu’à 2 t/ha à 16°. « Bien que superficiel, ce travail du sol stimule la minéralisation et permet une meilleure absorption des éléments par la betterave avec, à la clé, un impact positif sur le rendement final, explique Ughau Debreu. Autre atout : le passage de la bineuse est souvent plus efficace que les herbicides pour détruire des adventices bien développées, comme des chénopodes à deux feuilles ou plus par exemple. » 

Des conditions de réussite strictes

Malgré tous ces points forts, les interventions mécaniques présentent aussi des limites à bien intégrer. Le binage est par exemple déconseillé avant le stade quatre à six feuilles de la betterave pour ne pas risquer de déchausser les plantes. Lors de passages précoces, l’usage de plaques ou de disques antiprojection sur le rang est alors indispensable. Le sol doit être suffisamment sec pour faciliter le déracinement des adventices. « Nous recommandons également d’intervenir quand aucune pluie n’est attendue dans les trois à cinq jours, précise Thomas Grisel, car toute précipitation entrainerait alors un repiquage des plantules. »

Du côté du matériel, le risque d’arracher des plants est réduit si l’exploitant, ou l’ETA, a bien ajusté les distances entre les rangs sur son semoir et sur sa bineuse. Les systèmes de guidage améliorent aussi la précision. Les bineuses plus simples suivent un sillon créé au semis. Certains planteurs travaillent à deux avec un opérateur assis sur la machine qui agit sur un vérin de recentrage pour maintenir les éléments dans le bon axe. Plus technologique, la combinaison d’un guidage RTK et d’une ou deux caméras embarquées permet d’automatiser le guidage et de rouler plus vite sans risque de dégrader la culture. Enfin, grâce à l’option coupure de rang, le chauffeur peut relever un par un chaque élément, manuellement ou via son GPS, quand il arrive en bout de champ. Actuellement, ce type de matériel est encore peu répandu, car son prix est élevé. Mais la fonction s’avère intéressante dans les parcelles en pointe puisqu’il est alors possible de les biner presque en totalité.

Les travaux récents du programme Mont Blanc et de l’ITB montrent que les meilleures performances sont obtenues en combinant désherbage mécanique et chimique. Cette approche permet de sécuriser l’efficacité du traitement tout en réduisant significativement l’usage d’herbicides, parfois jusqu’à 40 à 50 %. Si l’intervention chimique en T1 reste la meilleure option, les deux ou trois passages suivants peuvent être réalisés soit avec une roto-étrille (jusqu’au stade 10 feuilles), soit avec une bineuse.

Plus de détails sur : Remplacer un passage herbicide par un désherbage mécanique, c’est possible, sous conditions | Saint Louis Sucre

SAINT LOUIS SUCRE EST AGRÉÉ POUR LE CONSEIL À L’UTILISATION DES PRODUITS PHYTOPHARMACEUTIQUES (N° HN00104)