Menu

Les essais Mont Blanc sur la fertilisation azotée bas carbone illustrent la réactivité des équipes de Saint Louis Sucre pour répondre à une attente forte de la filière : réduire les émissions de GES et optimiser l’usage des engrais.

Deux axes structurent le travail expérimental : la localisation de l’azote et la fertilisation bas carbone.

En complément, les équipes évaluent l’impact des biostimulants sur la nutrition et le développement de la plante. Ces recherches traduisent une évolution de fond vers des pratiques plus précises, à la fois performantes et sobres en intrants.

Fertilisation de précision : le premier levier pour réduire les doses

« Sur la thématique du positionnement de l’azote, les essais menés depuis 2016 valident qu’une application localisée d’azote permet de réduire les doses de 15 à 30 % sans perte de rendement », résume Émilie Garde, ingénieure apprentie chez Saint Louis Sucre. 

Dans certains cas, une baisse de 20 % de la dose du bilan a même généré un gain moyen de 2 tonnes par hectare. Ce résultat s’obtient grâce à une meilleure disponibilité de l’élément pour les racines et à une réduction des pertes par volatilisation.
Une telle approche représente un double avantage : économique, car elle limite les charges en engrais, et environnemental en réduisant les émissions de gaz à effet de serre ainsi que le risque de volatilisation. Les conditions de mise en œuvre sont toutefois déterminantes. Pour éviter toute perte de plant, l’engrais doit être positionné à 7 cm du rang et 5 cm de profondeur, dans un sol bien ressuyé. Les résultats varient selon la texture et l’humidité du sol, ce qui incite à poursuivre les observations sur plusieurs années.

Restitution des principaux résultats des essais sur la fertilisation azotée lors de la journée « 10 ans Mont Blanc », organisée le 28 novembre 2025 à Hangest-en-Santerre (80).
Restitution des principaux résultats des essais sur la fertilisation azotée lors de la journée « 10 ans Mont Blanc », organisée le 28 novembre 2025 à Hangest-en-Santerre (80).

Engrais bas carbone, le complément pour réduire de 30 % les émissions de GES

La seconde approche, plus récente, concerne la fertilisation bas carbone. Le programme évalue depuis 2024 l’engrais Fertiberia. Il est produit à partir d’hydrogène issu de l’hydrolyse de l’eau et d’énergie solaire. De plus, cet engrais solide (24 N-14 S-0,05 B) intègre la technologie C-Pro, qui permet une libération progressive de l’azote et donc une efficacité accrue de 20 %. La fabrication des engrais azotés représente jusqu’à 55 % des émissions de GES liées à la culture betteravière. Leur décarbonation devient une priorité.

C’est un levier clé pour atteindre nos objectifs de réduction de 30 % des émissions agricoles d’ici à 2030.

Les premiers résultats confirment un rendement maintenu voire légèrement amélioré, sans impact sur la richesse en sucre. L’intérêt environnemental est notable : une réduction moyenne de l’empreinte carbone comprise entre 680 et 280 kg de CO₂/ha selon les essais. Le principal frein reste le coût plus élevé du produit. Les conditions d’application entrent également dans la balance. En effet, la technologie nécessite un sol suffisamment humide pour une bonne libération de l’azote.

Pour les années à venir, les équipes du programme Mont Blanc poursuivent ces essais afin de consolider les tendances observées.