Féverole : du champ à l’usine, la filière prend forme
Nos usines Le 27/03/2026Saint Louis Sucre mène l’expérimentation de la féverole jusqu’à la trituration des graines. Un an après l’inauguration de l’usine de trituration de féverole de Südzucker en Allemagne, où en est le dispositif ?
Saint Louis Sucre entame sa troisième année d’expérimentation de la féverole. La démarche dépasse les seuls essais agronomiques : elle explore toute la chaîne de valeur, jusqu’à la transformation industrielle de la graine.
En France, le dispositif reste encore pilote puisque quelques centaines d’hectares de féverole sont cultivés dans ce cadre depuis 2024.
Toutefois, la trituration des graines est déjà mise en œuvre à l’échelle industrielle en Allemagne. Notre groupe Südzucker, via sa filiale Beneo, inaugurait en avril 2025 notre usine localisée à Offstein.
Une production ancrée dans les bassins locaux
Cette usine s’approvisionne principalement dans les régions agricoles situées dans un rayon d’environ 120 kilomètres autour du site.
Le programme conduit en France s’inscrit donc dans cette même logique de structuration progressive d’une filière locale. Les surfaces pilotes permettent d’évaluer la place que pourrait prendre la féverole dans les rotations, d’alimenter la réflexion industrielle et la maturité des marchés pour les nouveaux ingrédients alimentaires.
« Si tous les paramètres sont réunis, on souhaite pouvoir construire notre usine en France », indique Ughau, responsable de la durabilité agricole de Saint Louis Sucre.
Une usine conçue pour extraire les protéines
L’installation allemande fonctionne aujourd’hui sur un rythme de croisière avec une capacité de traitement proche de plusieurs dizaines de tonnes de féverole par heure.
Le procédé commence par une étape de nettoyage. « Avant l’extraction des protéines, les impuretés sont éliminées. Il ne reste vraiment que des bons grains », explique Ughau Debreu.
Ensuite, les différentes fractions de la graine sont séparées pour isoler les protéines. « Il faut imaginer une sorte de ciseau qui coupe les molécules pour ne garder que les protéines qui nous intéressent », décrit-il.
Des débouchés dans les ingrédients alimentaires
Les protéines de féverole sont destinées principalement à l’alimentation humaine sous forme d’ingrédients. « Cette protéine sert de liant, complète Ughau Debreu. On la retrouve notamment dans des produits végétariens ou véganes, où elle contribue à structurer les recettes. »
Un autre segment progresse rapidement : le marché du « meatless », qui consiste à incorporer des protéines végétales dans des produits contenant moins de viande. Ce marché se développe particulièrement aux États-Unis et dans les pays scandinaves, où les industriels commencent à explorer ces nouveaux débouchés.
Beneo produit et commercialise des ingrédients fonctionnels issus de matières premières végétales qui présentent des avantages nutritionnels et technologiques.
