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Pourquoi fallait-il réduire les surfaces de betterave en 2025 ?

Daniel Calmejane : Après les prix records observés entre 2022 et le début de 2024, les surfaces de betteraves ont fortement progressé en Europe. Associée à de meilleurs rendements, cette hausse a fait basculer le marché européen dans une situation excédentaire dès 2025.

Les stocks se sont accumulés tandis que la demande est restée stable. Parallèlement, le marché mondial est lui aussi devenu excédentaire, avec une production en hausse en Inde, en Thaïlande et au Pakistan. La baisse des cours mondiaux a réduit la compétitivité des exportations européennes et renforcé la pression sur les prix. À l'hiver 2025-2026, l'Union européenne se retrouvait ainsi confrontée à une offre abondante, des stocks élevés et un marché mondial peu porteur.

Dans ce contexte, la décision du groupe Südzucker et de Saint Louis Sucre de réduire les surfaces betteravières constituait une réponse nécessaire. D’ailleurs, le groupe a pris une part importante de l’effort collectif en Europe. Cette décision a contribué à limiter les excédents, à assainir progressivement le marché européen et à créer les conditions d'un redressement des prix. Sans cette maîtrise des surfaces, le retour à un marché plus équilibré aurait été beaucoup plus long.

Quels sont les premiers signes de reprise des marchés du sucre en 2026 ?

Daniel Calmejane : Les premiers signes de reprise sont apparus au cours de l'année 2026. Les prix spot se sont redressés et ceux de la nouvelle récolte 2026-2027 progressent également. Sans retrouver les niveaux exceptionnels de 2022 à 2024, ils s'éloignent nettement des plus bas observés durant l'hiver 2025-2026. Cette évolution confirme que la réduction des surfaces betteravières commence à soutenir le marché.

L'indicateur publié par la Commission européenne traduit lui aussi cette amélioration. En avril 2026, au début de la campagne 2026-2027, le sucre alimentaire et non alimentaire départ usine s'établissait à 502 €/t. Ce niveau confirme que le marché européen est sorti de la phase la plus dégradée, même si des écarts importants subsistent entre les régions déficitaires et les régions excédentaires.

Pourquoi les perspectives mondiales s'améliorent-elles ?

Daniel Calmejane : Les perspectives pour la campagne 2026-2027 sont plus favorables. Alors que le marché mondial du sucre affichait un excédent en 2025-2026, les premières estimations évoquent désormais un déficit d'environ 1,5 million de tonnes. Les aléas climatiques en Inde et en Thaïlande, les incertitudes sur la production brésilienne et la baisse des surfaces de betteraves en Europe devraient resserrer l'offre mondiale.

Cette évolution constitue un signal positif pour l'Union européenne. Un marché mondial moins excédentaire soutient les prix, relève la parité d'importation et réduit la pression des sucres importés à bas prix. Il améliore aussi les perspectives d'exportation des producteurs européens.

Pour autant, le marché européen reste confronté à plusieurs défis structurels. La consommation progresse peu sous l'effet des politiques de santé publique, des reformulations et des produits de substitution. La production demeure également exposée aux aléas climatiques, aux ravageurs et aux maladies. 

Le principal changement est donc ailleurs : le fort déséquilibre observé en 2025-2026 commence à se résorber. La baisse des surfaces betteravières en Europe et le resserrement attendu du marché mondial créent des conditions plus favorables pour un rééquilibrage progressif des marchés. 

Quelles conséquences en 2027 pour Saint Louis Sucre ?

Daniel Calmejane : Une gestion disciplinée des surfaces de betteraves a renforcé les bases d’un redressement du marché du sucre. Grâce à ce rééquilibrage progressif et un appel d’air à l’exportation, Saint Louis Sucre a prévu de revenir à des surfaces betteravières proches de celles cultivées en 2024.

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