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Menés sur la ferme d’Étrépagny, les essais Mont Blanc comparent les restitutions azotées de deux couverts végétaux implantés après moisson, en semis direct et au mois d’août. Le couvert témoin Isol Explorer et le couvert Isol Explorer Max, plus riche en légumineuses sont implantés chacun sur 3 hectares. L’objectif est de mesurer la production de biomasse et d’estimer les restitutions d’azote à l’aide de la méthode MERCI.

Du simple au double en biomasse… et en azote restitué

Le couvert Isol Explorer Max produit 6 tonnes de matière sèche. Selon la méthode MERCI, il restitue 75 unités d’azote. À côté, le couvert témoin plafonne à 2,2 tonnes de matière sèche, pour une restitution estimée à 37 unités d’azote. Ainsi, près de 40 unités d’azote supplémentaires sont potentiellement mises à disposition de la culture suivante grâce au couvert riche en légumineuses. Un différentiel qui se traduit mécaniquement par une réduction des besoins en fertilisation minérale.

Un gain économique direct sur la fertilisation

Pour Clément Bunias, responsable de la ferme d’Étrépagny, l’intérêt dépasse largement le raisonnement agronomique. « Des couverts riches en légumineuses, souvent perçus comme plus coûteux à l’implantation, doivent être considérés comme un investissement face à la volatilité du cours des engrais azotés », souligne-t-il.

En effet, les 75 unités d’azote fournies par le couvert de légumineuses peuvent représenter environ 60 euros/ha d’économie sur l’achat d’engrais minéral. De plus, dans ce cas précis, la différence de coût entre les deux mélanges reste faible. « Il y a deux ans, ces chiffres interpellaient déjà. Aujourd’hui, si chacun refait le calcul avec les prix actuels des engrais, le gain devient vraiment significatif », souligne Clément Bunias.

Un levier agronomique structurant pour les systèmes

Au-delà de l’azote, ces couverts s’inscrivent dans une réflexion globale sur la performance des systèmes. Production de biomasse, stimulation de la vie biologique, structuration du sol, sécurisation de la rotation : les bénéfices se cumulent. Les essais seront d’ailleurs reconduits en 2026, afin de consolider les résultats et d’en confirmer la régularité. Une manière de rappeler que le couvert végétal n’est pas une charge intermédiaire, mais bien un levier technique à part entière.

Le bénéfice du couvert végétal se raisonne à l’échelle de la rotation et du bilan azoté global.
Le bénéfice du couvert végétal se raisonne à l’échelle de la rotation et du bilan azoté global.