Marché mondial
Prix mondial FOB* du sucre en €/t (1er terme coté)
Source : Marché de Londres, source ICE.
converti en € taux BCE du jour
Marché européen
Prix moyen du sucre blanc au sein de l'Union Européenne
Source : EU Commission, Committee for the Common Organisation of Agricultural Markets : Observatoire des prix du sucre.
*FOB signifie Free On Board. Pour connaître le prix réel du fabricant de sucre, il faut déduire les frais d'acheminement au port et les frais de chargement du bateau.
Les prix mondiaux et européens présentés dans les courbes ci-dessus, ne sont pas les prix de vente constatés au sein du groupe Südzucker pour la détermination du prix SZ4.
Daniel Calmejane
Directeur des Ventes Industrie et Export, Saint Louis Sucre
Évolution du marché du sucre depuis le printemps 2025
Depuis le printemps 2025, le marché du sucre est passé d’une période d’anticipations relativement fermes à une phase difficile de surapprovisionnement et de pression sur les prix. Le marché européen a été affecté par une production élevée, des stocks importants, une demande moins soutenue et un marché mondial très affaibli. Dans ce contexte, la décision du groupe Südzucker et de Saint Louis Sucre de réduire les surfaces betteravières constituait une réponse nécessaire et responsable. Elle a permis de limiter le risque d’un excédent prolongé, de contribuer au rééquilibrage du marché européen et d’améliorer les conditions d’un redressement progressif.
Des anticipations de prix élevés à une situation de surapprovisionnement
Le point de départ se situe dans la période qui a suivi les prix élevés du sucre observés de 2022 au début de 2024. Ces niveaux de prix ont encouragé l’augmentation des surfaces betteravières dans plusieurs régions d’Europe et ont nourri l’idée que le marché resterait durablement ferme. Toutefois, en 2025, il est devenu de plus en plus évident que l’offre progressait plus vite que la demande. Les surfaces européennes avaient augmenté lors des campagnes précédentes, les rendements se sont améliorés dans de nombreuses régions et le marché européen est passé d’une situation tendue à une situation excédentaire. Dans le même temps, le marché mondial a lui aussi commencé à s’affaiblir, ce qui signifie que l’Europe ne pouvait plus compter sur un environnement de prix international favorable pour absorber les volumes supplémentaires.
Cette pression s’est traduite concrètement dans les niveaux de prix. Sur le marché européen, les indicateurs régionaux ont enregistré une baisse marquée au cours de l’année 2025. Les clients ont progressivement intégré des attentes de prix plus bas, les décisions d’achat ont été reportées et la volonté de s’engager à des niveaux de prix élevés s’est affaiblie.
L’impact du marché mondial sur le marché européen
Le marché européen du sucre ne peut pas être analysé isolément. Même si la production sucrière de l’Union européenne repose principalement sur la betterave et alimente un marché régional, les anticipations de prix restent fortement influencées par l’évolution du marché mondial. À partir de 2025, le bilan mondial du sucre s’est orienté vers un excédent. GlobalData a estimé cet excédent à 3 millions de tonnes pour la campagne sucrière 2025/26, sous l’effet d’une production plus élevée dans des pays comme l’Inde, la Thaïlande et le Pakistan, tandis que la consommation ne progressait que modérément. L’Organisation internationale du sucre a également décrit 2025/26 comme une année excédentaire dans ses perspectives de février 2026. Cet excédent mondial a pesé sur les prix du sucre brut et du sucre blanc, influençant directement les attentes de prix en Europe.
Le marché mondial a affecté l’Union européenne par trois canaux principaux. Premièrement, la baisse des prix mondiaux a réduit la parité d’importation : lorsque le sucre importé devient moins cher, il crée un plafond pour les prix européens, même si les importations ne sont pas toujours immédiatement disponibles en grands volumes. Deuxièmement, un marché mondial faible réduit les possibilités d’exportation pour les producteurs européens. Dans un marché européen excédentaire, les volumes supplémentaires doivent trouver des débouchés, mais les exportations se valorisent par rapport au marché mondial et peuvent donc devenir économiquement peu attractives. Troisièmement, le comportement des clients évolue : les acheteurs industriels observent la baisse des valeurs mondiales et attendent des mouvements similaires en Europe, ce qui accentue la pression dans les négociations et retarde les décisions d’achat.
L’offre européenne était élevée, les stocks importants et, dans le même temps, le marché mondial apportait peu de soutien. L’Union européenne s’est donc retrouvée prise entre une parité d’importation basse d’un côté et une parité d’exportation très faible de l’autre.
Hiver 2025-2026 : le point bas du marché
À l’hiver 2025/26, l’ampleur du déséquilibre est apparue clairement. La Commission européenne anticipait une production sucrière de l’Union européenne autour de 16,6 millions de tonnes pour 2025/26, malgré une réduction des surfaces betteravières, les rendements s’étant révélés meilleurs qu’initialement prévu. Les stocks de fin de campagne étaient attendus autour de 2,6 millions de tonnes, contre 2,3 millions de tonnes précédemment, soit un niveau nettement supérieur à celui d’un marché équilibré. Cette accumulation de stocks a constitué l’une des principales raisons de la forte baisse des prix.
Les conséquences sur les prix ont été fortes et ont clairement signalé un marché en situation de surapprovisionnement. Dans le même temps, le prix mondial du sucre blanc s’est également affaibli. Au début de l’exercice 2026/27, il se situait autour de 345 €/t, est brièvement remonté vers 400 €/t, puis est revenu autour de 375 €/t à la fin du mois de mai 2026. Ces niveaux de prix mondiaux ont renforcé la pression dans les négociations européennes.
Pourquoi la réduction des surfaces betteravières était nécessaire ?
Dans ce contexte, maintenir les surfaces précédentes aurait augmenté le risque d’une nouvelle campagne excédentaire. Südzucker et Saint Louis Sucre ont donc fait le choix d’une réponse disciplinée, en réduisant significativement les surfaces betteravières pour 2026/27. À l’échelle de l’Union européenne, la baisse des surfaces est estimée entre 8 et 10 %, selon la base de calcul retenue. Les données de la Commission européenne font état d’une estimation de surface betteravière de l’Union européenne d’environ 1,224 million d’hectares pour 2026/27, contre 1,336 million d’hectares dans la base de juin 2026, soit une diminution d’environ 8,4 %. Par rapport à la base d’avril, qui s’élevait à 1,355 million d’hectares, la baisse correspond à environ 9,5 %.
Le groupe Südzucker a représenté une part très significative de la réduction totale observée dans l’Union européenne. Cela montre que le groupe n’a pas attendu que le marché se corrige de lui-même. Pour les planteurs, ce point est essentiel : la discipline sur les surfaces était nécessaire pour éviter un surapprovisionnement prolongé et améliorer les perspectives de prix plus durables.
Premiers signes d’amélioration en 2026
Les premiers signes d’amélioration sont apparus au cours de l’année 2026. Les prix spot se sont redressés et les prix de la nouvelle récolte 2026/27 progressent également. Les niveaux observés ne correspondent pas à un retour aux sommets exceptionnels des années précédentes, mais ils marquent une nette amélioration par rapport aux points bas et confirment que la réduction des surfaces commence à soutenir le sentiment de marché.
Le prix du sucre publié par la Commission européenne fournit également un point de repère utile. Selon la dernière publication disponible dans les données de référence, le prix Commission du sucre alimentaire et non alimentaire départ usine s’établissait à 502 €/t au début de l’exercice 2026/27, en avril 2026. Cela confirme que le marché n’était plus à son point bas extrême, même si des écarts régionaux importants persistaient entre zones déficitaires et zones excédentaires.
Pourquoi les perspectives mondiales deviennent plus constructives ?
Les perspectives mondiales apparaissent également plus constructives pour 2026/27. Alors que le marché mondial 2025/26 était marqué par un excédent, les premières estimations pour 2026/27 laissent entrevoir un possible resserrement de l’offre, voire un déficit estimé autour de 1,5 million de tonnes. Les risques climatiques en Inde et en Thaïlande, les incertitudes sur la production au Brésil ainsi que la baisse des surfaces betteravières en Europe contribuent à une situation d’approvisionnement moins confortable.
Cette évolution est importante pour l’Union européenne. Un marché mondial plus tendu peut améliorer la psychologie de prix, relever la parité d’importation et réduire la pression exercée par des offres alternatives à bas prix. Il peut également rendre les exportations moins défavorables si les prix mondiaux se redressent. Le marché européen reste toutefois confronté à des défis structurels, notamment une demande de sucre moins dynamique sous l’effet des tendances de santé publique, des reformulations et des substitutions, ainsi qu’à une volatilité persistante liée à la météo, aux ravageurs et aux maladies. Le message positif n’est donc pas que toutes les difficultés sont résolues, mais que le déséquilibre le plus marqué a commencé à se corriger et qu’une gestion disciplinée des surfaces a renforcé les bases d’un redressement.
Dernière mise à jour de la courbe : 25 juin 2026.
Dernière mise à jour de l’analyse : 15 juillet 2026.
En ce moment dans la plaine
